Le cancer de la thyroïde, et en particulier le carcinome papillaire, est aujourd’hui le cancer endocrinien le plus fréquent. Son pronostic est généralement très bon, mais sa prise en charge chirurgicale soulève encore des questions importantes, notamment sur la gestion des ganglions lymphatiques situés au centre du cou.
J’ai récemment publié un article dans Frontiers in Endocrinology, une revue scientifique internationale dédiée à l’innovation chirurgicale, dans lequel je fais le point sur une avancée majeure en chirurgie thyroïdienne : l’utilisation de l’imagerie par fluorescence dans la chirurgie du cancer de la thyroïde.
À noter que j’utilise de manière systématique la fluorescence dans ma pratique chirurgicale, afin de mettre toutes les chances du côté de mes patients !!!
Pourquoi les ganglions du cou sont-ils importants dans le cancer de la thyroïde ?
Dans le cancer papillaire de la thyroïde, les cellules cancéreuses se propagent très souvent vers les ganglions lymphatiques centraux du cou (et plus rarement, latéraux).
C’est pourquoi les chirurgiens endocriniens proposent, dans des cas sélectionnés, une ablation préventive de ces ganglions (appelée curage ganglionnaire central et/ou latéral). Cette stratégie:
- Améliore la survie
- Diminue le risque de récidive
- aide à décider si un traitement complémentaire par iode radioactif est nécessaire.
Cependant, cette approche reste débattue car elle peut augmenter le risque d’une complication redoutée : l’hypoparathyroïdie.
Le principal risque : l’hypoparathyroïdie
Les glandes parathyroïdes, très petites et fragiles, régulent le calcium dans le corps. Lors d’une chirurgie de la thyroïde, et plus encore lorsqu’un curage ganglionnaire est réalisé, elles peuvent être :
- difficiles à identifier,
- confondues avec des ganglions,
- ou privées de leur vascularisation.
Une atteinte des parathyroïdes peut entraîner une baisse du calcium (=hypopararthyroïdie), parfois transitoire, parfois permanente, avec un impact important sur la qualité de vie. Une baisse de calcium peut engendrer de multiples soucis….

La fluorescence : une avancée majeure pour protéger les parathyroïdes
Mon article met en lumière une innovation clé : l’imagerie par fluorescence proche infrarouge.
Cette technologie permet au chirurgien de :
- repérer très tôt les glandes parathyroïdes, même lorsqu’elles ne sont pas visibles à l’œil nu,
- les distinguer des ganglions lymphatiques,
Les études scientifiques analysées montrent que l’utilisation de la fluorescence :
- permet d’identifier et de préserver davantage de glandes parathyroïdes,
- réduit nettement le risque d’hypoparathyroïdie,
- sécurise les interventions plus complexes, comme les curages ganglionnaires.
Vers une chirurgie plus sûre et plus personnalisée
Grâce à la fluorescence, il devient possible de réduire les risques chirurgicaux, tout en conservant les bénéfices oncologiques d’une chirurgie plus complète lorsque celle-ci est nécessaire.
Mon engagement
Pour un chirurgien très spécialisé, il est crucial de s’appuyer sur les données les plus récentes de la recherche internationale.
J’utilise de manière systématique l’imagerie par fluorescence lors de mes interventions, afin d’optimiser la sécurité, la précision chirurgicale et réduire au maximum (voir prévenir complètement) les problèmes de calcium en post-opératoire.

